
La montée des eaux, une conséquence directe du changement climatique
Présentation
Bonjour à tous et bienvenue sur ce site, qui s'intitule : "La montée des eaux, une conséquence directe du changement climatique".
Je vous propose ici d'observer le phénomène de montée des eaux, et plus précisément ses causes, son fonctionnement et ses multiples conséquences, à travers une approche géographique.
Bonne découverte à tous !
Introduction
Le changement climatique fais partie des préoccupations majeures sur la scène internationale, d’autant plus que ses effets sont de plus en plus visibles, et que ses conséquences sont toujours plus concrètes.
En effet, les événements climatiques extrêmes ont particulièrement marqué l’actualité de l'année 2023 (grands feux de forêt du Canada et de l’Amazonie, inondations meurtrières au Brésil et en Libye, niveau historiquement bas de la banquise, multiplication et intensification des canicules en Europe…).
Par ailleurs, l’année 2023 est d'ores et déjà considérée comme la plus chaude de l’histoire par l’observatoire européen Copernicus, derrière l’année 2016, qui détenait le record jusqu’à présent. De plus, le mois de juillet 2023 est le plus chaud jamais enregistré sur la planète.
Ainsi, le réchauffement climatique s’accélère et tend à causer de nombreux problèmes : aridification, sécheresse, santé, alimentation, accès à l’eau ou encore montée du niveau des mers et des océans, une conséquence directe du réchauffement climatique, qui nous intéresse dans ce site.
--> L'objectif du site : Ce travail a vocation à présenter les causes, les processus et les conséquences de la
montée des eaux.
Commençons par un petit peu de contexte. Quand on parle de réchauffement climatique, de quoi parele-t-on exactement?
Le réchauffement climatique, entre mécanismes physiques et causes anthropiques

I/ Le système Terre
L'explication physique de l'effet de serre
Le réchauffement climatique est issu du fonctionnement excessif d’un phénomène physique qui est présent naturellement sur terre et qui conditionne la vie sur notre planète, il s’agit de l’effet de serre.
En effet, la Terre a la particularité d’avoir une atmosphère lui permettant de connaître une température moyenne de 15°C. Sans la présence de cette atmosphère, le rayonnement solaire reçu par la Terre serait insuffisant pour maintenir une telle température. Les scientifiques estiment que la température moyenne avoisinerait alors les -18°C.
En effet, l’atmosphère, qui peut être définie comme une enveloppe gazeuse située à environ 8-15 kilomètres de la surface de la Terre, est composée d’une multitude de gaz, dont certains ont le pouvoir de réfléchir les rayonnements du soleil. C’est notamment le cas des gaz suivants :
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Dioxyde de Carbone (CO2)D
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Vapeur d’eau (H20)
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Méthane (CH4)
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Le dioxyde d’azote (NO2)
Ces gaz ne sont pas présents en quantité égale dans l'atmosphère. De même, ils n'ont pas tous le même pouvoir réchauffant global (PRG), ce qui signifie ils ne réfléchissent pas tous les rayons du soleil avec la même intensité. L'illustration ci-dessous (cf figure 1) le montre.
C’est la présence de ces gaz, appelés gaz à effet de serre qui permettent le maintien de cette température moyenne de 15°C sur Terre.
Mais alors comment tout cela fonctionne ? Cliquez sur la vidéo pour le découvrir !
Ainsi, comme nous venons de le voir, l’effet de serre est essentiel pour la vie sur Terre.
Cependant, depuis bientôt un siècle, on observe une intensification très rapide de l’effet de serre. En d’autres termes, les rayons infrarouges, qui correspondent aux rayons réfléchis par la surface de la Terre vers l’atmosphère ont beaucoup plus de difficulté à sortir de l’atmosphère, et sont davantage redirigés (réflexion) vers la Terre. Ainsi, s’opère une hausse du rayonnement total reçue par la Terre (rayonnement solaire + rayonnement infrarouge), et par conséquent une augmentation de la température sous la couche atmosphérique.
La cause de cette plus forte opacité de l'atmosphère est l’augmentation de la quantité de gaz à effet de serre présente dans celle-ci, ce qui rend plus difficile la sortie des rayons infrarouges une fois qu’ils ont été réfléchis une première fois par la surface terrestre.
Le graphique ci-dessous (cf figure 2), produit par l’organisme « 2 Dregrees Institue » met en évidence la corrélation entre la concentration de dioxyde de carbone (CO2 PPM), principal gaz à effet de serre de l’atmosphère en quantité, et l’anomalie de température (°C).
Le parallèle entre ces deux variables est remarquable.
Ainsi, on observe que dans l’histoire, le climat terrestre a connu d’importantes variations de températures, quasiment cycliques, et ce depuis des milliers d’années, correspondant à une alternance entre périodes glaciaires et interglaciaires.
Les causes principales de ces variations sont naturelles. Il peut s’agir de d’éruptions volcaniques, de changements dans la composition chimique gazeuse de l’atmosphère, et principalement des paramètres astronomiques.
Mais alors, pourquoi s’affoler sur la période de réchauffement que nous connaissons actuellement ?
En réalité, le réchauffement que nous connaissons actuellement est d’un nouveau genre.
Alors que les variations cycliques observer ci-dessus (cf figure 2) étaient en grande partie imputables aux mouvements cycliques de la Terre par rapport au soleil, ce n'est plus le cas aujourd'hui.
Le réchauffement climatique que nous connaissons actuellement est très préoccupant de part la rapidité avec laquelle il se produit. Alors que dans l’histoire, il fallait plusieurs milliers d’années pour observer un changement de température moyen de 1°C, on observe aujourd’hui que en un peu plus d’un siècle (du début du XXe siècle à aujourd’hui), la planète s’est réchauffée de 1 degré.
Cette évolution brutale de la température moyenne enregistrée sur le globe est visible sur le graphique interactif ci-dessous (cf figure 3).
Ainsi, du fait de la rapidité de ce réchauffement et des transformations que celui-ci incombe (montée des eaux et engloutissement des habitats côtiers, incendies, intensification des phénomènes climatiques extrêmes et autres) mettent en péril la survie des espèces vivantes sur Terre.
Comme pour les variations climatiques passées, la concentration des gaz à effet de serre est bien la raison du réchauffement de notre époque contemporaine. Mais pourquoi une telle accélération ?

Figure 1 : Pouvoir Réchauffant global des principaux gaz à effet de serre.
Source : Wikipédia
PS: Cette vidéo est issue d’un travail antérieur porté sur le réchauffement climatique, en collaboration avec Tia Cibrario et Nicolas Massot, étudiants de géographie à l’Université d’Avignon
Source : https://nicolasmassot.fr/les-suds-rechauffement-climatique/
Réalisation : Cibrario, Cèbe, Massot, 2023
Un effet de serre qui s'intensifie très vite !

Figure 2 : Parallèle entre le niveau de carbone dans l'atmosphère et l'anomalie de température planétaire de 770 000 ans
Source : 2 Degrees Institute, 2023
Figure 3 : Anomalie de températures (par rapport à la moyenne de l'ensemble des températures disponibles) depuis le XIème siècle dans le monde
Source : 2 Degrees Institute, 2023
II/ L'humain, le grand responsable
Aujourd’hui, la communauté scientifique et les experts climatiques du monde entier s’accordent à dire que ce sont les activités humaines, en libérant d’importantes quantités de gaz à effet de serre, qui sont responsables du rapide bouleversement climatique que connaît la planète actuellement.
Le graphique ci-dessous (cf figure 4) met en évidence le lien étroit entre les émissions de gaz à effet de serre dans le monde et l’intensité des activités humaines.
Les émissions de polluants, en plus d’être corrélés à la courbe de la croissance économique mondiale, suivent de très près dans leurs variations les différents événements historiques.
En effet, nous pouvons observer que les différents événements mondiaux favorables à l’économie et donc à une intensification des activités humaines (révolutions industrielles, ou encore la période de prospérité économique occidentale des « trente glorieuses ») sont suivis de très prêt par une hausse des émissions de gaz à effet de serre. Et a contrario, les périodes de ralentissement économiques telles que celles associées aux chocs pétroliers, aux crises économiques ou encore à la pandémie de covid-19 correspondent à un ralentissement, voire à une inversion des niveaux d’émissions mondiaux.
Les activités humaines émettrices de gaz à effet de serre sont de multiples natures mais reposent toutes sur le même procédé, celui de l’utilisation et de la transformation d’énergie fossile, essentiellement par combustion. C’est de cette façon que les gaz à effet de serre sont rejetés dans l’atmosphère.
Ci-dessous (cf figure 5) les secteurs d’activité les plus émetteurs de gaz à effet de serre dans le monde.
Figure 4 : Evolution des émissions de GES dans le monde depuis 1950, en comparaison avec les phases de bouleversement économique
Source : Edgar Database, 2019
Réalisation : Cèbe Yoan, 2022
Figure 5 : Part des secteurs de l'activité humaine dans les émissions anthropiques de gaz à effet de serre.
Source : 4° Rapport du GIEC, 2010
III/ L'action internationale
Cependant, le consensus scientifique établissant un lien entre l'Homme et le climat, aujourd’hui solide et plébiscité par tous, hormis par quelques courants climato-sceptiques persistants, a mis du temps à se frayer un chemin sur la scène internationale.
Les scientifiques ont commencé à alerter sur les possibles conséquences de l’activité humaine sur le climat à la fin des années 1960 / début des années 1970.
Pour ce faire, en 1979, est créé le Programme Climat Mondial est créé, afin d’établir le lien entre les activités humaines et leurs impacts climatiques.
En 1988, ce programme est remplacé par le GIEC, Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat, afin d’avoir un organisme indépendant réunissant les scientifiques du monde entier et légitimant davantage la parole scientifique. Les rapports du GIEC sont une synthèse de tous les travaux menés par les scientifiques sur la question climatique sur une période donnée dans le monde.
Les conclusions des 6 rapports publiés par le GIEC depuis sa création témoignent de la difficile prise de conscience du lien entre l’activité humaine et le climat :
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1990 : « Une augmentation sans ambiguïté de l’effet de serre est peu probable dans les prochaines décennies ou plus »
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1995 : « L’étude des preuves suggère une influence détectable de l’activité humaine sur le climat »
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2001 : « Il y a des preuves solides que la tendance au réchauffement climatique observée ces cinquante dernières années est attribuable à l’activité humaine »
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2007 : « L’accroissement constaté de la température moyenne de la planète est […] très vraisemblablement dû à l’augmentation observée des gaz à effet de serre émis par l’Homme
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2014 : « Le réchauffement global est sans équivoque »
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2021 : « Les humains sont indiscutablement responsables du réchauffement de la planète »
Et c’est sur la base de ces rapports, ou plus précisément du « Résumé à l’intention des décideurs » que se sont déroulés plusieurs sommets internationaux pour évoquer la question climatique. Voici la liste réduire des rassemblements mondiaux ayant permis de réelles avancées sur la question climatique.
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Le sommet de la terre de Rio de Janeiro (1992) : signature de principes non restrictifs pour la protection de l’environnement et de la biodiversité. Elle instaure également un principe de précaution sur la question climatique en attendant d’avoir des certitudes sur un lien avéré ou pas entre les activités humaines et le dérèglement du climat.
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Le protocole de Kyoto (1997) : Ce protocole est le premier accord mettant d’accord plusieurs pays de la scène internationale sur la nécessité d’une action commune pour préserver la planète et limiter l’impact des activités humaines sur le changement climatique.
Il s’agit du premier accord contraignant, c’est-à-dire donnant des objectifs chiffrés en matière de réduction des gaz à effet de serre, accompagné d’un système de sanctions. Cependant, les seuils à respecter ne sont pas bloqués, puisque la sanction décidée pour les pays dépassant leur quota annuel d’émissions est un marché du carbone. Il est donc toujours possible de polluer sans réelles sanctions (hormis la payement d’un surplus financier).
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L’accord de Paris (2015) : Il s’agit du premier accord ratifié par la totalité des pays du globe (hormis l’Iran au moment de l’accord). Bien que quelques pays se soient désistés depuis, l’accord défend pour objectif principal la limitation du réchauffement climatique à 2°C, et 1,5°C si possible.
Une aide financière aux pays en développement pour réaliser leur transition écologique et énergétique est également votée ) hauteur de 1000 milliards de dollars.
Cependant, même si les pays signataires sont obligés de rendre des comptes sur leurs actions, les objectifs sont toujours fixés à l’échelle nationale, et non pas internationale. De fait, bon nombre de ces objectifs ne sont pas suffisamment ambitieux pour rester sous le seuil des 2°C.
Les accords internationaux ayant de réelles avancées dans le sens de la protection du climat sont donc très peux nombreux par rapport au nombre de rencontres sur le sujet depuis 1995.
En effet, depuis cette date, chaque année et dans une ville différente, tous les États, ou leurs représentants se réunissent pour aborder la question climatique lors des COP (Conference of Parties), mais très peu d’accord sont trouvés, ou alors ne sont pas contraignants.
Niveaux de certitude:
66%
90%
100%
IV/ La question de la montée des eaux sur la scène internationale
Dernièrement, la COP 28 a rassemblé les dirigeants internationaux à Dubaï. Bien que marquée par réel espoir d’avancée majeure, notamment avec l’emploi inédit de la formule « sortir des énergies fossiles », l’accord n’est pas contraignant, et évoque une possible sortie différée des énergies fossiles pour les États producteurs, qui sont particulièrement dépendants à cette ressource économique.
C’est une mauvaise nouvelle pour les États insulaires, particulièrement menacés par la montée des eaux, qui voient cet accord comme un pas de plus vers le non respect de l’accord de Paris.
Les débats ont été intenses sur le sujet, opposant les pays membres de l’OPEP, dépendants économiquement des énergies fossiles aux États insulaires, représentés par l’alliance des petits États insulaires, pour qui la survie dépend du respect de l'objectif des 1,5°C.
Cédric Schuster, président de cette alliance, a affirmé sa crainte à la suite de cette COP : « Le texte ne mentionne même plus la sortie des énergies fossiles. Il présente un tas de mesure que l’État pourrait mettre en place. Cet emploi du conditionnel est inacceptable. Les États doivent mettre en place une sortie des énergies fossiles. Nous refuserons tout texte compromettant la limitation du réchauffement à 1,5 degré. Il en va de notre survie”